Deux familles dans les mers chaudes

Genèse du projet

Partir en bateau traînait dans la tête des deux familles depuis longtemps. Mais si un tel projet est facile à rêver, il est encore plus aisé de trouver tous les prétextes pour y renoncer. Finances, boulot, enfants trop petits, montagne d’organisation, …

Et puis à l’automne 2012 Marine a envoyé un SMS à son frère : « Suis dans le train pour Paris. Proposition : on part à deux familles (deux bateaux) faire le tour du monde à la voile. Tu es le chef d’escadre-réparateur, Laurent le toubib, Christel gère le programme pédagogique des enfants et moi l’intendance. Plus sécurisant qu’à une famille, plus sympa pour les enfants. On n’a qu’une vie ! »

Samuel n’a pas tout de suite osé se défiler, a répondu laconiquement « ça a l’air sympa ton truc, on en reparle à Noël », pensant que de l’eau coulerait sous les ponts d’ici là, et qu’on enterrerait tout ça une fois de plus. Mais à Noël Marine n’a pas lâché le morceau et Christel a tout de suite passé quelques nuits blanches de réflexion sur le sujet.

En pensant au concret, à commencer par les disponibilités des quatre adultes, on s’est rapidement rendu compte que si on ne voulait pas tout lâcher, le voyage se limiterait à 6 ou 7 mois. Trop court pour acheter deux bateaux semblables et les préparer, surtout en habitant loin de la mer. On s’est donc orienté vers la location longue durée. Sur des catas, cela va de soi, très bien adaptés à la navigation au soleil en famille.

Les recherches nous ont rapidement menés vers Punch Croisières en Martinique. Nous sommes donc allés rencontrer Eric Vasse, son responsable, sur le salon du multicoque de la Grande Motte en avril 2013. Eric est quelqu’un de charismatique, rassurant, et a tout de suite adhéré à notre projet. Au mois de juin, il nous assurait de la disponibilité de deux Nautitech 40 aux dates souhaitées, entre juillet 2014 et janvier 2015. Le projet était définitivement lancé.

 

Un long hiver

Lorsqu’on parlait autour de nous de cette future aventure, hormis quelques inquiétudes bien légitimes du côté des grands-parents, la plupart nous disaient « mais c’est supeeer ! » C’est super la galère, surtout, de monter un truc pareil, lorsqu’on est loin du départ. Il faut penser à tout, et le raconter sur cette page prendrait une nuit entière. Penser à l’équipement à acheter, aux formations manquantes, à la liste des choses à emporter (« prenez vos maillots de bain et les doudous des enfants, ça suffit » disait Eric Vasse. Mais bien sûr…), aux formalités administratives, assurances, déscolarisations, location des maisons, etc… Cela n’a bien sûr pas été simple de mener de front une vie quotidienne déjà bien remplie et une telle logistique. Mais c’est justement parce que cette vie de tous les jours est trop remplie qu’on trouve la force de vouloir lui donner une parenthèse.

 

Philosophie du voyage

La règle de base est simple : limiter au maximum les contraintes. « Quel sera votre itinéraire ? » est une question qui nous a souvent été posée. Dans les grandes lignes, il est clair depuis le départ : plonger vers le sud des Antilles pour laisser passer la saison cyclonique en passant par St-Vincent et les Grenadines, profiter des îles vénézuéliennes, des ABC (Aruba, Bonaire, Curaçao), puis traverser la mer des Caraïbes vers Haïti, la République Dominicaine, et revenir en Martinique par le nord (Iles Vierges, Guadeloupe,…). Ce programme étant posé, le but est de passer du temps là où on se trouvera bien. C’est tout, et c’est déjà pas mal.